Grève des médecins : les cliniques renoncent à leur grève illimitée

La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a annoncé mardi dans un communiqué qu’elle renonçait à la grève illimitée prévue à compter du 5 janvier.

Si les médecins généralistes – rejoints par l’association SOS Médecins – entament leur deuxième semaine de grève et ne semblent pas prêt de baisser les bras, les cliniques ne prendront pas part au mouvement. Mardi, La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a annoncé dans un communiqué qu’elle renonçait à la grève illimitée qui devait débuter 5 janvier, après avoir obtenu des « avancées » avec le ministère de la Santé. La FHP, « au vu d’avancées dans les discussions menées avec le ministère de la Santé sur le volet hospitalier du projet de loi de santé, annonce la levée de son appel à la cessation d’activité totale et illimitée qui devait débuter le 5 janvier ». « Les discussions denses que nous avons menées depuis un mois et demi ont été constructives et permettent de lever nos plus vives inquiétudes », déclare Lamine Gharbi, président de la FHP, cité dans le communiqué.

Une mobilisation massive chez les généralistes

La FHP, qui regroupe quelque 1.000 cliniques et hôpitaux privés, était opposée notamment à la redéfinition contenue dans le projet de loi santé de la notion de service public hospitalier (SPH).  Tel qu’écrit jusqu’alors, le texte ne permet plus aux établissements d’assurer à la carte l’une ou la totalité des 14 missions de service public aujourd’hui établies (dont les urgences et la formation) mais devront en assurer l’ensemble. Le tout au tarif fixé par la Sécurité sociale, c’est-à-dire sans dépassement d’honoraires.

Les cliniques craignaient donc d’être exclues de ces missions, la grande majorité de leurs médecins pratiquant des dépassements. Selon le communiqué, « des avancées » ont été obtenues sur ce point. Mais des syndicats de médecins libéraux spécialistes réunis au sein du « Bloc » (chirurgiens obstétriciens), mécontents de ce compromis conclu « dans leur dos », ont aussitôt précisé qu’ils maintenaient leur nouvel arrêt de travail à compter de lundi. De leur côté, les médecins revendiquaient lundi une mobilisation massive, « avec jusqu’à 80% et 100% de débrayage », selon la CSMF, principal syndicat.

« Il y a des inquiétudes qui s’expriment »

Les généralistes sont appelés depuis le 23 décembre – les spécialistes depuis le 24 – à cesser toute activité pour dénoncer le projet de loi santé et exiger une revalorisation de la consultation, socle de leur rémunération. Le manque de médecins libéraux provoque une activité accrue pour les Centres 15 qui régulent les appels, urgents ou plus bénins. Mais il n’y a pas de ruée sur les urgences, assure aussi le ministère.  La ministre Marisol Touraine continue de défendre son projet de loi, déclencheur de la grogne. « Il y a des inquiétudes qui s’expriment, je les entends », a répété à nouveau Marisol Touraine sur Europe 1. « Je souhaite pouvoir y répondre » et un travail est engagé avec les médecins, « mais je veux dire que je pense aussi aux patients, et les patients ont droit d’attendre que notre système de santé évolue pour répondre à leurs besoins ».

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