Un observatoire spatial d’ondes gravitationnelles verra bientôt le jour

Le projet LISA, qui ambitionne de créer un observatoire spatial géant capable d’étudier les ondes gravitationnelles, a reçu l’accord de l’Agence spatiale européenne pour être lancé. Cette mission devrait coûter près de 1,5 milliard d’euros.

Après 40 années de mise au point, le projet LISA va enfin voir le jour. L’Agence spatiale européenne a donné son feu vert à cette mission européenne, qui prévoit de créer un observatoire spatial géant chargé d’étudier les ondes gravitationnelles. Trois satellites, équipés d’interféromètres de précision, devraient être envoyés dans l’espace d’ici 2034. Ils formeront un triangle de 2,5 millions de kilomètres de côté, suffisant pour détecter de nombreuses ondes gravitationnelles.

Un «  nouvel instrument d’astronomie  »

Ce projet devrait coûter la modique somme de 1,5 milliard d’euros. Si l’Agence spatiale européenne a choisi de financer en grande partie la mission, le reste de la facture devrait être payé par les agences nationales européennes, qui envisagent de verser entre 200 et 300 millions d’euros, et la NASA, qui pourrait elle aussi investir 300 millions d’euros, détaille Le Figaro.
«  Cela va permettre d’observer l’univers avec un nouvel instrument d’astronomie  », a déclaré à l’AFP Alvaro Gimenez, directeur de la science et de l’exploration robotique à l’Agence spatiale européenne.

Lisa Pathfinder, l’éclaireur envoyé fin 2016

Le satellite Lisa Pathfinder, envoyé en éclaireur fin 2016, «  a été un succès  », rappelle-t-il. Lisa Pathfinder a montré que l’on pouvait technologiquement étudier les ondes gravitationnelles depuis l’espace. Grâce au feu vert du Comité du programme scientifique, le travail sur l’observatoire géant LISA va pouvoir commencer. «  Il faut encore faire des études technologiques pour préparer cette mission spectaculaire, qui représente un vrai défi  », a précisé Alvaro Gimenez. «  Dans quelques années, nous vérifierons que tout se passe bien sur le plan de la technologie et que nous disposons des financements nécessaires  », a-t-il expliqué. Si tel est le cas, la mission pourra être finalement adoptée.

Les ondes gravitationnelles, depuis Einstein

Prédites par la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein il y a plus de 100 ans, les ondes gravitationnelles résultent de légères perturbations de la trame de l’espace-temps sous l’effet du déplacement d’un objet massif. La toute première détection directe des ondes gravitationnelles a été annoncée le 11 février 2016 par l’interféromètre géant américain Ligo. Depuis elles ont été détectées deux autres fois. Dans chacun des cas, les ondes gravitationnelles détectées ont été générées par la collision entre deux trous noirs pour en former un plus massif.

Examiner la collision entre les trous noirs supermassifs

Le détecteur de LISA devrait pouvoir pour sa part repérer les fusions des trous noirs supermassifs, au moment où ils entrent en collision. Antoine Petiteau, coresponsable du projet Lisa interrogé par Le Figaro, explique : «  Nous espérons voir une centaine d’événements de ce type. Nous devrions aussi voir la chute de trous noirs classiques sur ces trous noirs supermassifs. Cela nous fournira une sorte de cartographie de la déformation de l’espace-temps autour de ces géants cosmiques.  »

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