Rosetta dévoile une superbe photo… et attend son prix Nobel

Elle brille de mille feux. La comète Tchouri se dévoile sous son plus beau jour dans cette photo prise par Rosetta en novembre et dévoilée ce vendredi par l’Agence spatiale européenne (ESA). Le jour même où le directeur général de l’ESA, Jean-Jacques Dordain, avoue espérer que Rosetta recevra un prix Nobel pour l’ensemble de son œuvre.

La mission Rosetta a, pour rappel, permis à un petit robot, Philae, de se poser sur une comète pour la première fois de l’histoire. « J’espère qu’il y aura des prix Nobel associés aux résultats de Rosetta et de Philae », a déclaré Jean-Jacques Dordain en présentant vendredi ses vœux à la presse. Rosetta et Philae ont déjà été sacrés percée scientifique numéro un de 2014 par la revue américaine Science, en raison du potentiel important de découvertes sur les origines du système solaire et de la vie sur Terre. La sonde européenne sera au plus près de la comète Tchouri, à 6 kilomètres, le 14 février, « le jour de la Saint Valentin », a relevé le directeur de l’ESA. Entre Rosetta et la comète, « c’est une histoire d’amour », a-t-il même commenté.

« Nous allons collecter des informations extraordinaires »

Le 13 août, c’est au plus près du Soleil que se positionnera la comète. « Entre ces deux dates nous allons collecter des informations extraordinaires. Cela va donner beaucoup de travail aux scientifiques pour quelques décennies », a-t-il souligné. Le patron de l’ESA a reconnu qu’il y avait eu « quelques problèmes » au moment de l’atterrissage de Philae pour récupérer auprès des scientifiques des images et des données afin de les diffuser en direction du grand public. « Je suis bien placé pour le savoir » car « le jour de l’atterrissage, je me suis battu moi-même pour avoir des images et j’en ai arraché quelques-unes. Il y a des progrès à faire », a-t-il souligné.

Réveil prévu au mois de mars

Pour autant, il ne veut pas « jeter la pierre » aux scientifiques. « Si on fait ces missions, c’est aussi grâce à ces investigateurs principaux qui ont les bonnes idées et réalisent les instruments. Leur vie c’est d’être les premiers à avoir découvert quelque chose », a-t-il expliqué. « Il faut peut-être faire le tri et voir quelles sont vraiment les données essentielles que les scientifiques doivent garder pendant un certain temps avant de publier » et « les données que l’on peut donner directement au public ». « On a décidé de réfléchir à nouveau à ce problème », a-t-il indiqué.
Philae, passager depuis plus de dix ans de la sonde spatiale européenne Rosetta, s’est posé le 12 novembre sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko, après une descente de sept heures en chute libre, à plus de 510 millions de km de la Terre. Après deux rebonds, il s’est retrouvé coincé entre des falaises, dans un endroit peu éclairé. Cela empêche ses batteries solaires de fonctionner suffisamment pour permettre au robot de poursuivre son travail. Philae est en mode « veille » depuis le 15 novembre. Il devrait se réveiller aux alentours du mois de mars, selon le CNES, l’agence spatiale française.

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