Etats-Unis : Le scaphandre du premier homme sur la Lune sauvé grâce au crowdfunding

Un petit geste qui, multiplié par près de 10.000, va permettre à la science de faire un grand pas. Le scaphandre du premier homme sur la Lune va pouvoir être restauré dans toute sa splendeur grâce au succès phénoménal d’une levée de fonds sur Internet, ouverte pour le 50e anniversaire des premiers pas de Neil Armstrong sur notre satellite. A la clôture de la période de financement participatif, le compteur affichait mercredi 719.779 dollars, grâce à la générosité de 9.477 donateurs.

Pour son coup d’essai de «  crowdfunding  », le Smithsonian, qui gère le Musée de l’air et de l’espace de Washington, a réalisé un coup de maître. Avec cet argent, le scaphandre emblématique, blanc, avec ses badges de la Nasa et de la mission Apollo 11 de 1969, ses valves bleues et rouges, son large drapeau américain sur la manche gauche, et sa poussière de lune, pourra être dignement montré au public sans risquer de se désagréger. L’institut aura même assez d’argent pour restaurer un autre scaphandre historique, celui d’Alan Shepard, le premier Américain à aller dans l’espace, après le Soviétique Youri Gagarine en 1961.

L’institut s’était fixé un objectif plus modeste de 500.000 dollars quand il a lancé l’affaire sur le site de financement participatif Kickstarter. «  Nous ne pensions vraiment pas atteindre notre but aussi rapidement et surtout le dépasser d’autant. C’est un énorme triomphe pour nous  », explique dans un entretien à l’AFP Yoonhyung Lee, qui est chargée de la philanthropie numérique pour le Musée de l’air et de l’espace.

«  Très fragile  »

«  Le scaphandre (d’Armstrong) est très fragile  », explique Lisa Young, responsable de la restauration qui devrait durer trois ans. «  Il est en train d’arriver à la fin de sa durée de vie, qui est de cinquante ans. Un tas de matériaux utilisés ne devaient être que temporaires le temps d’aller sur la Lune et de revenir  », a-t-elle expliqué. «  Le caoutchouc commence à devenir friable. Et c’est la doublure à l’intérieur qui est la plus fragile.  »

Là où un vêtement en coton peut se conserver intact après des centaines d’années, les couches de polymères utilisés pour les scaphandres ont une durée de vie bien plus incertaine. De plus, les restaurateurs sont confrontés à des problèmes inédits car les restaurations de scaphandres ne sont pas légion. Ainsi, le scaphandre d’Armstrong avait été rendu étanche par des bandes du caoutchouc qui viennent se presser contre des fermetures éclairs superposées. Le système est ingénieux de simplicité mais le caoutchouc et l’alliage des fermetures s’altèrent mutuellement. Le scaphandre argenté de Shepard s’est lui aussi dégradé depuis son vol historique en 1961 et a sérieusement besoin d’être restauré.

Les deux scaphandres trôneront côte à côte dans une exposition prévue par le musée en 2020. Intitulée «  Destination Lune  », elle doit permettre de montrer les progrès réalisés en matière de vêtements spatiaux. En fonction de leur générosité, les donateurs seront récompensés par des cadeaux et jusqu’à une visite de l’atelier de restauration.

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